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Vue de Rome au soleil couchant depuis la villa Borghèse.

Pierre-Henri de Valenciennes.

4e quart du XVIIIe siècle – 1er quart du XIXe siècle.

Huile sur toile

26 x 37,1 cm

n° inv. 974.21.1

Musée Sainte-Croix, Poitiers

L’œuvre de Pierre-Henri de Valenciennes réalisée entre le quatrième quart du XVIIIe siècle et le premier quart du XIXe siècle est une huile sur toile de style néoclassique. Vue de Rome au soleil couchant depuis la villa Borghèse est l’un des aide-mémoires réalisés par le peintre lors de son voyage en Italie pour ses paysages historiques, voyage à l’occasion duquel il découvrit des couleurs et une lumière unique. Saisie sur le motif, cette étude est la représentation d’un paysage crépusculaire, que le peintre a par la suite retravaillé en atelier.

Pierre Henri de Valenciennes (Toulouse, 1750 – Paris, 1819)

    Pierre Henri de Valenciennes est un peintre français, de formation classique. Grand admirateur de Nicolas Poussin et de Claude Gellée, il se fait connaître pour ses peintures de paysages traitées comme un genre noble, au même titre que la peinture d’histoire. En tant que membre de l’Académie, il instaure le Grand Prix de Rome de paysage en 1816 avec certains de ses confrères, comme Vincent-Marie Viénot de Vaublanc et Anne-Louis Girodet. Les candidats doivent répondre à des exigences très strictes en termes de traitement pictural, de composition et d’effets de lumière.

Outre son rôle dans la création du prix, Valenciennes fait de nombreux voyages en France mais aussi en Italie où il passe près de huit ans. Nombre de ses études réalisées in situ, où l’artiste excelle dans son rapport au paysage et à la lumière, font l’objet d’un travail plus abouti en atelier. En 1800, il publie un ouvrage fondamental, Élément de perspective pratique, à l’usage des artistes, suivis de réflexions et de conseils à un élève sur la peinture, et particulièrement sur le genre du paysage.

Association des oeuvres et écriture des textes :  Elina Bouju

et Constance Dorlet

 

 

 

Fixer les effets de la lumière

    Dans Lettre sur l’art du dessin (1793), Chateaubriand affirme que « le paysage a sa partie morale et intellectuelle. Il faut qu’il parle aussi et qu’à travers l’exécution matérielle on éprouve, ou les rêveries ou les sentiments […] ». C’est ce que l’on peut ressentir face au Projecteur de Carine Klonowski autant que face à l’étude paysagée de Pierre-Henri de Valenciennes, puisque tous deux dévoilent de façon différente un paysage où le soleil est l’élément majeur.

    Le protocole d’installation nous invite à ressentir des émotions et à nous forger des images mentales. Sans savoir s’il s’agit de l’aube ou du crépuscule, notre héritage culturel nous permet de voir dans cette projection lumineuse un paysage éblouissant. L’artiste l’exprime : « Mon travail se développe autour de la notion du paysage. Je pars du constat qu’il tend à être banalisé autant par l’imagerie touristique que commerciale et amateure. »* En d’autres termes, elle explore dans son œuvre ce qui constitue l’image, au-delà de ses seules apparences. 

    Ces deux œuvres aux mediums différents ne nous apportent pas les mêmes émotions, mais peuvent être associées par l’évocation d’un soleil à la fois perceptible et imperceptible. Projecteur nous donne à voir une image mentale d’un horizon frappé par le soleil tandis que Vue de Rome au soleil couchant depuis la villa Borghèse dévoile un paysage italien aux couleurs orangées et lumineuses, mais où le soleil est caché par l’architecture. Le paysage de Valenciennes offre une lumière chaude et réconfortante propre au paysage italien. A contrario, l’œuvre de Klonowski présente, par l’utilisation du projecteur, une lumière blanche, artificielle. Le paysage italien est un atelier à ciel ouvert favorisant l’imagination et la rêverie, tout comme Projecteur devient à son tour une image mentale, laissant libres nos perceptions.

* Citation tirée du fascicule de l’exposition Disparitions réciproques avec Carine Klonowski et Jérôme Allavena au FRAC Poitou-Charentes, Angoulême, du 10 octobre au 1er mars 2014.

Carine Klonowski

Projecteur 

2012

Protocole d’installation

Collection FRAC Poitou-Charentes

n° inv. 015.6.1

photo © Carine Klonowski

L’œuvre de Carine Klonowski, dont l’idée lui est apparue sous l’effet d’un « heureux hasard » durant ses années universitaires, se présente sous la forme d’un protocole d’installation, conçu à partir d’un simple objet manufacturé et d’une cimaise blanche. Le dispositif se compose d’un projecteur de spectacle de couleur noir, une mini-découpe permettant de projeter un halo rond assez délimité sur un mur blanc, le but étant de créer le maximum d’effet avec le minimum de moyens. De ce fait, cette installation est influencée par le ready-made de Marcel Duchamp puisque l’objet ordinaire, le projecteur, est réemployé, repositionné et ainsi détourné de sa fonction première. Néanmoins, il ne s’agit pas d’un simple outil élevé au rang d’œuvre d’art, puisque c’est le protocole qui fait ici l’œuvre.  

Carine Klonowski (1989, Nice)

    Carine Klonowski vit et travaille à Chelles en Seine-et-Marne. Dès l’enfance, elle développe une sensibilité pour le paysage, la lumière et l’espace. Durant ses études à l’École européenne supérieure de l’image à Angoulême, elle explore sa passion pour les représentations du paysage et interroge sa banalisation. Le ciel et l’espace deviennent, au gré de ses rencontres et de ses travaux, ses sujets de prédilection. 

Lors de son cursus de recherche en Lettres et Arts à l’Université Paris VII, l’artiste se consacre à l’étude des dégradés colorés de la peinture classique. Elle s’inspire ensuite de ces codes afin de les réutiliser dans son processus créatif. Elle étudie en parallèle les représentations du coucher de soleil dans l’art et se découvre une véritable fascination pour les phénomènes lumineux. 

Très attachée à la peinture romantique, ses œuvres citent implicitement les grands maîtres du paysage comme le Britannique William Turner, le Français Claude Gellée (dit « Le Lorrain ») ou encore l’Allemand Caspar David Friedrich, ainsi que des artistes contemporains comme Ed Ruscha. 

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