L’exposition « Ombres et Lumières » se propose, à travers des couples d’œuvres issues des collections du FRAC Poitou-Charentes et du Musée Sainte-Croix de Poitiers, de prendre la forme d’une promenade à travers les possibles que recouvre l’association de ces deux termes. Ces deux notions impalpables, qui traduisent une dualité, évoquent tour à tour la nuit et le jour, la mort et la vie, les ténèbres et le céleste. L’art exprime à travers la matière l’esprit des hommes, ses formes suggèrent à travers nos sens des sentiments et des réflexions. Nous avons souhaité concevoir le lieu d’exposition comme une caverne servant à la mise en espace de ce dualisme.

    Nous avons choisi de privilégier en premier lieu l’approche formelle. Par l’ombre et la lumière, le peintre prend un parti pris esthétique qui induit le sens de lecture de la toile et définit son atmosphère. À ce titre, Le Festin de Balthazar constitue la matrice de notre propos, car la scène représentée tire parti d’une opposition entre la lueur des bougies et le noir qui envahit l’au-delà. Ce contraste participe de l’intensité dramatique de la narration autant que de l’effet produit sur le spectateur. Dans le même sens d’analyse, on peut aussi évoquer l’ombre du temps qui se dépose sur la toile, ou l’or des reliquaires qui traverse le temps de manière invariable.  

    Sur un plan immatériel, cette dualité entre ombre et lumière peut s’envisager à propos des questions de mémoires. Elle oppose les oubliés de l’État, comme Julio Lopez en Argentine ou ceux qui, au contraire, passent à la postérité par le biais de portraits de petite facture pour leur service rendu à la Nation. La mise en lumière sociale est également un processus qui va à l’avant de la mémoire. Lors de sa performance Chandelier (2002), Steven Cohen met en exergue des problèmes sociaux, des conditions de vie précaires que le monde contemporain a tendance à occulter.

 

    En outre, l’exposition nous mènera vers des considérations d’ordre métaphysique comme celle de la sorcellerie, occultée ou punie mais traversant néanmoins les traditions populaires, ou encore de l’exorcisme. Enfin, nous envisagerons l’ombre et la lumière dans sa cristallisation symbolique la plus pure, qui évoque la vie et la mort. La tombe et son épitaphe incarnent ce lien fragile entre deux mondes par la persistance à travers la matière et l’écrit. Ce dualisme apparent semble finalement faire sens par l’union possible entre ces deux antithèses. Ainsi nous pouvons nous demander : l’ombre peut-elle surgir de la lumière, comme par exemple le romantisme noir après les Lumières ou bien la lumière de l’obscurité (Saint Jean de la Croix).

Les duos d'oeuvres

(Cliquez sur le duo de votre choix...)

Ombres & Lumières

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